Hak milik
- Qui peut le détenir
- Citoyens indonésiens et certaines entités prévues par la loi.
- Durée
- Sans limitation de durée.
- Prolongation
- Non applicable.
- Usage
- Propriété du terrain. Non ouvert à un étranger en direct.
Juridique et fiscalité
Par Mathieu MAILLOT — 8 min de lecture

Investir dans l’immobilier à Bali séduit de nombreux francophones désireux de diversifier leur patrimoine ou de s’installer sous les tropiques. Le contexte indonésien impose cependant des règles spécifiques concernant les droits de propriété foncière et d’usage. Ici, il est impossible de reproduire le modèle occidental : plusieurs types de droits immobiliers existent, chacun avec ses conditions particulières, influençant tout projet d’investissement à Bali. Que recouvrent exactement les notions de hak milik, hak pakai, hak guna bangunan (HGB) et hak sewa (leasehold) ? Quels sont leurs usages courants, leurs limites, et quel rôle joue une PT PMA dans ces montages ? Cet article vise à éclaircir ces questions et à guider chaque investisseur étranger dans ce cadre légal complexe.
Quels sont les principaux droits immobiliers reconnus en Indonésie ?
Le système indonésien distingue plusieurs formes de droits attachés à un terrain ou un bâtiment. Le cadre des durées du HGB et du hak pakai est le règlement gouvernemental n° 18 de 2021, cité plus bas dans cet article. La pleine propriété du sol n’est pas ouverte aux étrangers. Ce cadre a été conçu pour protéger le tissu social local tout en permettant un investissement encadré.
Voici les quatre grands types de droits de propriété foncière à connaître :
Chaque option possède ses spécificités et propose des avantages distincts selon le profil et la nationalité de l’acquéreur.
Le hak milik représente la forme la plus aboutie de propriété immobilière en Indonésie, équivalente à une propriété pleine et entière. Toutefois, ce droit reste strictement réservé aux citoyens indonésiens et à certaines entités reconnues par la loi locale.
Les principales caractéristiques du hak milik sont :
Pour un investisseur étranger, acquérir directement un hak milik n’est donc pas autorisé. Un prête-nom n’est pas une étape d’achat, ni une façon reconnue de détenir ce titre. Le montage peut être inopposable. La nullité ou la perte du bien ne sont pas automatiques : elles dépendent des faits et se confirment avec un juriste. D’autres cadres existent, à examiner selon le projet.
Pour les non-Indonésiens, la loi prévoit différentes modalités pour détenir ou exploiter un bien immobilier. Ces dispositifs réglementent strictement les relations entre investisseurs étrangers et actifs fonciers à Bali.
Le hak pakai est un droit d’usage. Les conditions d’éligibilité d’un étranger, personne physique ou société, se lisent dans le règlement en vigueur et se confirment avec un juriste. Il ne donne pas accès au hak milik.
Sur une terre de l’État ou un droit de gestion, un hak pakai à durée déterminée suit les plafonds du règlement gouvernemental n° 18 de 2021 : 30 ans, puis 20 ans de prolongation, puis 30 ans de renouvellement. Sur une terre en hak milik, la durée initiale est d’au plus 30 ans et le renouvellement se fait par acte. Chaque étape se demande séparément. L’usage commercial n’est pas ouvert par le seul titre. Le transfert reste soumis au contrôle prévu par la réglementation. Texte du règlement : PDF du règlement n° 18 de 2021
Le HGB est porté par une personne morale, et non par un étranger en son nom. Une PT PMA peut être cette personne morale si l’activité et le règlement le permettent. Elle ne sécurise pas le projet par elle-même et n’autorise pas, à elle seule, une exploitation touristique. Ce n’est ni le hak milik ni un hak sewa.
Accordé dans la limite de 30 ans, un HGB sur une terre de l’État peut ensuite faire l’objet d’une prolongation de 20 ans au plus, puis d’un renouvellement de 30 ans au plus, selon le même règlement n° 18 de 2021. Ces étapes ne forment pas un titre unique de 80 ans. Le droit est cessible entre personnes morales éligibles. La conformité de la société se vérifie en continu.
Le hak sewa, souvent appelé leasehold, est un contrat conclu avec le titulaire du terrain. Sa durée est celle qui est négociée et écrite. Elle n’est pas une moyenne légale de 20 à 50 ans. Le renouvellement se négocie. Il n’est pas acquis.
Ce contrat ne confère pas la propriété du sol. Il donne l’usage prévu pendant sa durée. Il ne tient pas lieu de licence d’exploitation touristique. Sa portée dépend de sa rédaction, de son enregistrement et du cadre applicable au projet.
Hak milik
Hak pakai
HGB
Hak sewa (leasehold)
Comment choisir la meilleure formule selon son profil d’investisseur ? Voici un tableau récapitulatif pour comparer les principales caractéristiques de chaque option.
Chaque solution présente ses atouts et contraintes. Un particulier privilégiera souvent le hak pakai, tandis qu’un opérateur hôtelier optera pour une PT PMA avec HGB pour sécuriser son investissement.
L’accompagnement par des experts du marché balinais s’avère essentiel afin d’éviter tout risque d’incompatibilité avec la réglementation indonésienne, qui évolue régulièrement.
Acheter directement sous hak milik n’est pas accessible aux non-Indonésiens. Les solutions les plus fréquentes passent par le hak pakai ou un bail de longue durée (hak sewa, leasehold) signé avec le propriétaire.
Certains investisseurs choisissent la voie de la PT PMA pour obtenir un HGB et mener des opérations commerciales sur le marché balinais.
La création d’une PT PMA permet d’accéder à certains droits, comme le hak guna bangunan, mais implique un suivi attentif de la réglementation. Les obligations fiscales et le respect des quotas d’actionnariat local nécessitent une vigilance constante pour assurer la pérennité du montage.
Par ailleurs, l’achat immédiat ne signifie pas droit perpétuel : seule une gestion rigoureuse des renouvellements et la conformité aux évolutions juridiques consolideront votre investissement immobilier à Bali.
Avant toute signature, il est conseillé de vérifier :
Un audit juridique complet mené par un notaire spécialisé en droit indonésien est une précaution incontournable pour éviter toute mauvaise surprise. Cette étape permet aussi d’éviter les confusions entre leasehold et freehold.
Le gouvernement indonésien adapte régulièrement sa législation pour répondre aux défis économiques, tout en préservant le contrôle national sur le foncier. Investir à Bali exige donc de rester informé sur les évolutions réglementaires et d’ajuster sa stratégie patrimoniale en conséquence.
Dans cette optique, suivre l’actualité et les pratiques émergentes permet de saisir des opportunités légales, voire d’anticiper d’éventuelles ouvertures dans le cadre de la propriété pour étrangers à venir.

Nous accompagnons les investisseurs francophones dans leur recherche à Bali et Lombok : emplacement, budget, structuration et sélection des projets.